L’ordre de la Libération

Alors que la France libre relève ses premiers morts au combat devant le port de Dakar (septembre 1940) puis lors de la campagne de ralliement du Gabon (novembre 1940), le chef des Français libres estime indispensable de récompenser les plus méritants de ceux– très peu nombreux à ce moment là– qui l’ont rejoint pour poursuivre la lutte. Ne pouvant attribuer les hautes décorations françaises existantes, il décide de créer un « insigne nouveau » et institue l’ordre de la Libération le 16 novembre 1940 à Brazzaville (Congo).

Les membres de l’Ordre reçoivent la croix de la Libération et portent le titre de compagnon de la Libération. Attribuée seulement entre janvier 1941 et janvier 1946, la croix de la Libération distingue les hommes et les femmes, les collectivités civiles ou militaires qui se sont « signalés de manière exceptionnelle dans l’œuvre de la libération de la France et de son Empire ».

Décernée à 1 038 personnes, 18 unités combattantes et 5 communes françaises (Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l’île de Sein), cette décoration qui ne comprend qu’un seul grade est d’une rareté et d’un prestige exceptionnels. L’ordre de la Libération, qui occupe le deuxième rang des distinctions françaises après la Légion d’Honneur, s’installe à Paris en 1944, puis aux Invalides en 1964. En 1958, le général de Gaulle de retour au pouvoir rouvre exceptionnellement l’Ordre pour décorer Winston Churchill, puis, en 1960, le Roi d’Angleterre George VI à titre posthume.

Les compagnons de la Libération ne forment pas un groupe homogène. Ils sont d’âge, de grade, de milieux d’origine, de nationalité ou de convictions politiques ou religieuses très divers. Mais ils ont en commun une résistance précoce ; 90% d’entre eux ont commencé à résister avant 1942. C’est parmi les « pionniers de la Résistance » que le général de Gaulle a choisi les Compagnons, dont 30% n’a pas survécu à la guerre. Les deux tiers des Compagnons sont issus de la France libre et le dernier tiers de la Résistance intérieure. Si le but de leur engagement, chasser l’occupant, est le même, la nature de leur combat est très différente.

Leurs actions englobent toutes les formes de lutte : sous l’uniforme sur les champs de bataille dans les Forces françaises libres et dans la clandestinité de la Résistance intérieure. En cela, ils sont à la fois le symbole du refus de la défaite et les représentants de tous ceux qui ont mené le même combat que le leur entre 1940 et 1945.

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