Les Accords de Munich

Le traité de Versailles (1919), qui met un terme à la première guerre mondiale, impose à l’Allemagne des clauses économiques (réparations à payer), mais aussi territoriales (perte de certains territoires dans le cadre d’une redéfinition de la carte de l’Europe). La crise économique aidant, le régime républicain en place, la République de Weimar, est mis à bas après l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler, en janvier 1933. Celui-ci investit massivement dans le réarmement du pays, et entend revoir les clauses territoriales et militaires du traité de Versailles. Après avoir rétabli le service militaire en Allemagne (1935) et remilitarisé la Rhénanie (1936), il se lance dans une politique d’agression, conduisant à la participation de troupes allemandes à la guerre d’Espagne, puis à l’Anschluss, c’est à dire à l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, en mai 1938.
Face à ces agressions, les démocraties européennes (France, Angleterre) font preuve d’une relative passivité, en raison du pacifisme de leur opinion publique, mais également de leur retard en matière d’armement, en particulier dans le domaine de l’aviation.

A l’été 1938, Hitler exige que la partie de la Tchécoslovaquie dont la population est de langue allemande, les Sudètes, soit réunie à l’Allemagne. Pour la France et l’Angleterre, il s’agit d’une attaque contre un allié précieux, mais les deux pays ne sont pas alors prêts à un affrontement militaire avec l’Allemagne. Lors de la conférence de Munich (28-30 septembre 1938), tenue sur la suggestion du dictateur italien Mussolini, allié d’Hitler, les chefs de gouvernement anglais et français, Neville Chamberlain et Edouard Daladier, incapables de parler d’une même voix, consentent au coup de force allemand. Il s’agit d’une humiliation profonde pour eux, puisque le droit s’incline devant la force, et à ce titre, le terme même de « munichois » est resté synonyme de capitulation : Léon Blum évoquera le « lâche soulagement » de la population française, qui voit la guerre s’éloigner pour quelques temps. Cependant, le répit gagné avec cette conférence permet également à la France et à l’Angleterre d’accélérer leur programme de réarmement, ce qui contribuera à aider l’Angleterre à résister à la tentative d’invasion allemande à l’été 1940.

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